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Long courrier... écrire à la première personne

Photo Labweb master sur Pixabay
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Aujourd'hui vous allez envoyer une lettre à l'autre bout du monde :

Ecrivez à un(e) ami(e) imaginaire qui habite un pays lointain...

N'oubliez pas de réclamer une réponse et de signer !

 

 

Il s'agit donc d'écrire à la première personne (Je). 

En écriture d'invention, "Je" n'est pas forcément autobiographique.

La réalité et la fiction peuvent s'entremêler. Seul l'auteur -vous qui écrivez- saurait distinguer ce qu'il a mis de lui dans son texte, de ce qu'il a inventé ...

 

 

A demain pour une nouvelle suggestion d'écriture !

Isabelle

Commentaires: 14
  • #14

    MINOT Maryse (mercredi, 25 mars 2020 21:14)

    Bonjour mon ami du bout du monde,
    Je suis heureuse de prendre la plume pour t'envoyer quelques nouvelles de chez nous. Ici, l'ambiance est paradoxalement plutôt à la bonne humeur malgré le confinement obligé pour tous.. Je crois que cette pandémie nous amène comme un vent de liberté, d'humour et de créativité.. Certains se mettent à jouer de la musique à leur balcon, d'autres redoublent d'imagination pour se divertir, alors que d'autres encore se découvrent une adiction au sport... Comme quoi, nous sommes tous capables d'innovation, de partage et d'entraide. Si tout cela pouvait faire réfléchir chacun à faire sortir le meilleur de nous-mêmes !! Laissons l'univers agir et nous donner l'occasion de devenir meilleurs et de grandir un peu plus. Je t'imagine dans ton pays lointain, quelque part, perdu dans ta montagne, entouré de ses pics immaculés et je t'envie... Je sais que même loin, nous sommes si proches, toi et moi... Quand tout cela sera terminé, je prends un billet d'avion et je me précipite vers ton pays merveilleux pour faire enfin ce Trek avec toi, mon ami.. Je t'embrasse et t'envoie des bisous lointains...

  • #13

    Annette de Vries (mardi, 24 mars 2020 23:22)

    Expéditeur : B……G……@gmail.com
    Pour : M…G…….@gmail.com
    Sujet : SUPER URGENT !

    Mon frère !
    P…., t’es où ?
    Je te jure, je suis dans la m…. il faut m’aider !
    Je t’écris sans même savoir si tu reçoives ce mail… Je n’en peux plus de cette incertitude !
    Pourvu que tu puisses accéder à ta messagerie avant que tu aies quitté la ville d’Anchorage….. Je prie TOUS les Dieux de la terre que mon mail te parvienne….
    Voilà, tu partais tôt ce matin, avant l’aube. Mais j’étais debout, je t’avais vu très énervé en fermant tes sacs. Le taxi avait déjà sonné, t’étais plutôt speed, et moi, hélas, pas assez réveillé …
    Comment dire … Tu as oublié une trousse en cuire, je l’ai trouvé sur la table de chevet dans la chambre d’ami où tu as dormi…
    Je pense que t’as pris la mienne, parce que moi, celle là, je ne la trouve plus …, je l’avais posée sur la console en marbre dans le hall.
    Mon frère, tu comprends … c’est un drame !
    Figures-toi que là dedans, il y a la clé de mon coffre, puis un carnet avec TOUS mes mots de passe, en suite ma carte d’identité, plusieurs cartes de payement, et le pire : une clé USB remplie de dossiers de haute confidentialité appartenant à mon ministère …
    Dans la tienne, (même couleur, elles se ressemblent, je l’avoue) … tu vas rire : ton couteau suisse, deux briquets, une boussole, une torche, et voilà : deux chargeurs, celui de ton Mac que tu dois avoir avec toi (je prie que c’est le cas), plus celui de ton téléphone, ... ET : Le dit téléphone !
    Bon, tu diras, pour toi c’est moins grave. Tu te débrouilleras, j’en suis sûr.
    Oui, je le sais. On s’était disputé hier soir. Selon toi, je prétendais que tu te débrouilles toujours mal ….
    Tu m’avais reproché mes prétentions, mon stature, ma grosse tête, et de savoir toujours tout faire, … mon air de n’avoir besoin de personne …. Mais non, je ne sais pas tout faire ! Tes paroles m’ont beaucoup peiné.
    Tu m’as expliqué que tu voulais un break, oublier ta famille, et faire un exploit …
    Tu ne m’as pas laissé le temps de m’expliquer !
    Déjà que l’on ne se croise que rarement.
    Tu t’es couché, en colère… je suis tellement désolé !
    Je m’étais dit qu’on se rappellera…
    Mais …
    Je ne pourrai même plus t’appeler, puisque c’est moi qui aie ton portable …
    Je suis malheureux à un point ! … Ô, p …., il FAUT que tu puisses me répondre !! Au moins pour cette trousse … !
    Tu m’avais bien dit que cette expédition est sur le point de partir vers l’Arctique, qu’ils n’attendent plus que toi pour compléter l’équipage…
    Mon dieu, je t’en pris, si tu l’aies trouvé dans tes bagages, s’il te plaît, retourne la vers moi, et le plus vite possible ! ... Sors-moi de ce désastre … avant que tu l’emportes avec toi en disparaissant sur la banquise pour deux mois !
    J’ai appelé vers Roissy mais ton avion venait de décoller.
    J’ai tenté d’avertir l’aéroport en Alaska, je n’y suis pas arrivé.
    Surtout cette clé USB, si quelqu’un d’autre la trouve, … ça serait ma mort. Tu m’entends ? CA SERA MA MORT !
    Mon frère ! J’ai besoin de toi !
    Sans toi je suis perdu !
    O, pitié ! Répond moi !
    Je t’en pris !

    Ton frère Benjamin

  • #12

    Michèle (mardi, 24 mars 2020 20:20)

    Mon cher ami de presque du bout du monde,

    En ces temps agités, je me demande ce que tu deviens. As-tu réussi à survivre à ces effroyables incendies ? Fais-tu encore partie de la faune épargnée par les ravages des chaleurs incandescentes ? Reste-t-il autour de toi quelque infime organisme vivant ?

    Après la grande Fournaise indomptable, des torrents d'eau sont tombés sans discontinuer. Peut-être alors, as-tu été submergé ou embarqué par un glissement de terrain ? Que sais-je ???

    Dans ton pays immense, aux reliefs variés, aux couleurs éclatantes, il ne se passe pas de jours sans que ne surgissent de surprenantes catastrophes naturelles. Tu comprendras alors mon inquiétude. Nous en étions restés à des soucis de connexion, d'ordinateur piraté mais aussi à la joie d'une relation père-fille restaurée. J'espère vraiment que tout va bien pour toi sur ton lointain continent.

    Ici, nous avons connu des périodes de sécheresse, d'autres de tempêtes mais rien de comparable aux forces qui se sont déchaînées sur ton pays. Ici, le sujet n°1 de nos préoccupations, pour ne pas dire de nos angoisses, est ce fameux Corona. Chez toi aussi je suppose ? Corona, ne trouves-tu pas que cela résonne un peu comme un accessoire d'homme du Far West ?!!! Hélas, au lieu de parvenir à éteindre les incendies, Mr Corona les provoque et met le monde entier à l'arrêt.

    De ma rue bien tranquille aux artères de Paris, des autoroutes chinoises aux highways américaines, des routes poussiéreuses du Rajasthan à celles des bayous de Louisiane, de Buenos Aires à Ushuaïa ou d'Alger au Cap, toute l'Armada des médecins, infirmiers et autres personnels soignants demeure en ébullition et en position de résistance. Merci à eux et à leur dévouement.

    Comment la situation va-t-elle évoluer ??? That is the question ! Notre président a dit que nous faisions face à une guerre sanitaire . L'heure est grave, j'en conviens. Je persiste toutefois à ne pas comprendre la réaction de certains Français qui se sont précipités dans les grandes surfaces pour y "commettre" des razzias par peur du manque, comme si nous étions entrés en conflit armé...

    Dis-moi : comment réagissent les habitants de ta "planète" en ce moment ? Je serais curieuse de le savoir. N'hésite pas à m'écrire à ma nouvelle adresse. Cela me ferait grand plaisir d'avoir de tes nouvelles.

    Je t'embrasse
    Michèle

  • #11

    Eric Le Guen (mardi, 24 mars 2020 18:58)

    ------------------------------
    - Accusé - Réception -
    ------------------------------

    « Je t’écris depuis les sables rouges. Ici la poussière s’installe partout. Ce serait tout à fait désagréable s’il n’y avait le rituel de désinfection, au retour de mes évasions sur la grande faille. Passer trois quarts d’heure dans le container aspirateur donne du sens aux journées !
    Sinon, que pourrais-je te souhaiter ? Que la santé se maintienne, aussi longtemps que mettrons les secours pour arriver ? Que le moral s’adapte à l’écho de la solitude qui doit sans cesse t’imprégner ? Réponds-moi dès que tu auras ce message. »

    > Eve
    Valles Marineris / 5. 18 / Heure absolue.


    Le message prêt à l’envoi, Eve caressa la paroi tactile. Sous sa paume les avatars se matérialisèrent. Elle passa en revue les trois propositions disponibles sur son système.

    La première...

    Lire la suite sur :
    https://drive.google.com/file/d/1kom2Wfs9fclxSbKS3ducqOk5LwI0FXvr/view?usp=sharing

  • #10

    Philippe Delamare (mardi, 24 mars 2020 18:09)

    Cher Ivan,

    Cela fait au moins dix ans que nous ne nous sommes pas revus.
    Nous nous étions rencontrés à Saint Pétersbourg, lors d’un festival de chorales, quelques années après la chute du Mur de Berlin et avant l’arrivée d’Internet.
    Une époque si lointaine…
    Tout était possible alors : une Europe unie, que concrétisait nos festivals de chorales internationaux, la fin de la peur des autres, la fin de la haine.
    Nous discutions de tout et nous refaisions le monde, un petit verre de vodka aidant le soir à réchauffer les cœurs et les esprits.
    Par-dessus tout, la musique unissait nos deux chorales, auxquelles se sont jointes des chorales américaine, japonaise et allemande.
    Et nous nous retrouvions tous les deux ans, à Vienne, Paris, Boston, Vérone, puis Saint Pétersbourg à nouveau.
    Aujourd’hui, je t’écris en un moment où le temps est suspendu, où nous ne savons pas très bien où va l’Humanité, qui s’envole comme un nuage d’étourneaux au gré de ses émotions, essayant de survivre et de ne pas perdre son âme dans un tourbillon de quincaillerie électronique.

    Que deviens-tu ? Et ta famille ? Vis-tu toujours ta passion pour l’Opéra ? Qu’est devenue la Russie pour toi ?
    Au plaisir de te revoir et de croiser à nouveau nos destinées

    Jean

  • #9

    Laurence (mardi, 24 mars 2020 18:08)

    Ma chère Lilja,

    J’espère que tu vas bien et que Reykjavik, ou la baie-des-fumées, est toujours aussi belle. Que vois-tu de ta fenêtre en ce moment ? Combien de bateaux sont amarrés dans le port ? Et dans les jardins, la rhubarbe a-t-elle commencé à pointer son nez ? Il y a si longtemps que nous avons bu un bon café ensemble. J’aimerais beaucoup te revoir.
    Je t’écris aujourd’hui pour te demander une explication. En lisant le roman policier d’un auteur de ton pays, je suis tombée en arrêt devant le proverbe : « La femme nue apprend vite à filer. »
    J’avoue ne pas comprendre. Pourquoi la femme est-elle nue ? Pourquoi doit-elle filer ? Et comment ? Est-ce que cela signifie qu’en Islande une femme peut se promener nue? Et devrait-elle filer rapidement pour semer ses admirateurs ? Elle filerait donc à l’anglaise ?
    Doit-elle apprendre à filer doux ? Dans ce cas, la nudité est-elle une forme de châtiment ? Je pensais que votre pays était un modèle en matière de parité !
    Mon ami Google suggère qu’il s’agit de filer la laine au rouet pour faire un vêtement et ainsi pouvoir s’habiller au plus vite. Cela signifierait que lorsque l’on est dans le besoin, on est efficace. Mais je sais qu’il a tendance à exagérer. Pourquoi la femme attendrait-elle d’être nue pour se faire un vêtement ? Ne sommes-nous pas capables d’anticiper ? Ce proverbe voudrait-il dire que les femmes sont bêtes ? Qui se retrouve nue d’une seconde à l’autre, sans au moins un vêtement à disposition ???
    Lilja, je dois dire que je suis perturbée. J’ai presqu’envie d’aller dévaliser la galerie commerciale. Tu sais quoi ? J’y file tout de suite !

    Je t’embrasse. Claire.

  • #8

    VIRGINIE M (mardi, 24 mars 2020 18:01)

    Chère Amie de Là-Bas,
    Le temps ne s'est pas arrêté mais il n'est plus effréné ici car un virus sévit sur la planète Terre. Et ici, nous sommes priés de nous confiner dans nos logis pour ne pas se croiser, s'effleurer et se faire épingler par le virus.
    Comme tu le sais, je vis dans cette société moderne, développée, dans un petit logis. Comme tu me le disais dans un cube entre des cubes. Et toi, tu vis toujours dans la nature, dans cette contrée où explose la nature et où la nature pétille. Là-bas, loin de nos préoccupations économiques, politiques …
    Ce virus qui sévit te donne raison car aujourd'hui, les gens d'ici, une partie, vont se réfugier dans quelques coins de nature pour mieux vivre le confinement. Pendant que d'autres restent, aident, travaillent, soignent pour la lutte contre ce virus. Ce nouvel ennemi est invisible et n'a pas de patrie. Il avance, progresse, envahit, ravage sournoisement chaque pays sans distinction.
    Nous sommes donc invités à vivre sous cloche pour se protéger de ce virus effroyable, impitoyable.
    Depuis une des fenêtres de mon cube, j'ai remarqué que la Nature tressaute, elle se réveille, reprend son souffle. Elle profite de l'accalmie des hommes pour tenter de s'installer de nouveau. Ces frémissements de la Nature m'ont émus et émerveillés. Tu sais que j'aime la Nature profondément et que j'admire ta vie en harmonie avec la Nature.
    Ce confinement m'aura permis de t'écrire puisque désormais nous disposons du temps, nous avons le temps et on ne courre plus après le temps. Le temps est comme en suspension.
    J'ai pris soin de protéger cette lettre afin le virus dont je te donne le nom Covid 19, ne parvienne pas dans ton coin de paradis. Notre Ange te glissera cette lettre et j'espère qu'il me délivrera de te nouvelles bientôt.
    Prends soin de toi mon Amie de Là-Bas et de toute la tribu.
    Virginie

  • #7

    Philippe MAILLET (mardi, 24 mars 2020 17:48)

    Ma chère Wakanda,

    Nous sommes bien éloignés l’un de l’autre.
    Toi, sous ta maison de peaux, tu vis dans la plaine, sous l’immense ciel peuplé d’esprits qui planent parfois au-dessus de ton village. Tu connais chaque plante, tu en sais les bienfaits, tu en fais la médecine qui soigne tes frères et sœurs.
    Je pense à toi, Wakanda, je pense à ton beau visage, à tes yeux sombres, à ton corps souple, à ton cou orné de perles et de plumes.
    Moi, tu sais, je suis un petit homme à la peau blanche, je vis près d’une grande capitale politique, là où on décide où sont les frontières et où commence l’étranger.
    La nature qui m’entoure est envahie de sortes de tipis de béton et des chevaux bruyants pétaradent sans cesse sur des chemins noirs. Plus aucun oiseau ne plane au-dessus de nous et les esprits sont enfermés dans des grandes bâtisses peines d’or.
    Wakanda, je pense à toi depuis longtemps et pourtant je ne t’ai jamais rencontrée. Nous sommes éloignés l’un de l’autre, éloignés dans l’espace, toi sur le continent nord-américain, sur tes terres, pardon sur Ta Terre Sioux, et éloignés dans le temps, car moi, je suis toujours vivant et personne n’est encore venu piller mon jardin.
    Ma chère Wakanda, belle femme sioux de la tribu Dakota, ton prénom veut dire « pouvoir magique intérieur » alors je me suis dit que si je t’écrivais tu l’apprendrais peut-être et tu saurais alors qu’aujourd’hui on pense encore aux Indiens des plaines...

    Philippe, « celui qui aime les chevaux »

  • #6

    Valérie (mardi, 24 mars 2020 17:17)

    Ma chère Françoise,
    Nous avons partagé deux voyages: la première fois, nous avons fait connaissance.
    Au milieu des icebergs du Groenland, tous nos repères étaient chamboulés. L'immensité des paysages, le bleu infini de l'océan et du ciel, et ces icebergs, si hauts, si magnifiques, brillants sous le soleil, qu'il soit midi ou minuit d'ailleurs!
    Dans cette atmosphère si étrange, hors du temps, très loin de notre vie habituelle, si petites au cœur de cette nature si impressionnante, nous avons noué une amitié peu conventionnelle.
    L'année suivante, toujours enthousiasmées par le grand Nord, nous sommes reparties ensemble: nouvelles découvertes, nouveaux paysages, même sentiment de vivre un moment unique, grandiose, bouleversant. Le retour fut, semble-t-il, plus difficile pour toi que pour moi. J'ai facilement remis mon costume de banlieusarde et repris mes habitudes. Tu as traversé un moment de déprime, tu avais du mal à t'engager dans tes activités.
    Quand tu m'as proposé de repartir à la fin de l'hiver j'ai dit non: quarante degrés en-dessous de zéro, dormir sous la tente, guetter l'ours polaire armée d'un fusil... c'était trop me demander!
    Alors tu es partie avec d'autres personnes, et hier, je reçois cette lettre avec cette photo. As-tu perdu la tête? Je connais ta passion pour le grand Nord, mais veux-tu vraiment tout quitter -mari, enfants, famille, travail- pour t'installer à Disko, où il fait nuit six mois par an, avec ce trappeur que tu connais depuis deux semaines? Un Inuit, qui vit dans une cabane, avec ses chiens de traîneau et qui ne mange que du phoque séché? Dis-moi que non,que tu vas revenir auprès de ton vieux papa, de ta fille enceinte et de ton mari si gentil.
    Bien sûr je respecte tes choix, bien sûr j'irai te voir si tu restes là-bas, mais je te supplie de bien réfléchir, et j'attends ta prochaine lettre avec impatience...et inquiétude!
    Je t'embrasse,
    Valérie

  • #5

    Lysiane (mardi, 24 mars 2020 16:50)

    Mon ami, mon frère.

    Les mots ne sont que des mots. Forcément réducteurs, forcément limités.
    Mais ta capacité à lire les silences et les espaces vides m’enhardit et me rend téméraire.
    Vingt-cinq ans sans toi.
    Vingt-cinq ans. Une éternité. Une poignée de secondes.
    Vingt-cinq ans. En dehors de l’Espace et du Temps, tu es partout, donc nul part.
    Je ne te vois plus, ta silhouette se fissure dans ma mémoire.
    Je ne t’entends plus, le timbre de ta voix se brouille dans un faisceau de parasites.
    Cela veut-il dire que ton souvenir s’efface, que ma fidélité s’essouffle ?
    Non, grand Dieu ! Mais te dire, te murmurer, depuis tout ce temps.
    Je t’ai appelé mon frère et tu aurais tant voulu que nous soyons amants.
    Ou pire. Mari et femme.
    Je ne t’aurais pas aimé plus, et sûrement moins bien.
    Mais suis-je bête. j’oublie.
    Ta capacité à lire les silences. Les espaces vides.

    Ton âme soeur qui n’attend de réponse que dans ses rêves.



  • #4

    Yvon Chantegrel (mardi, 24 mars 2020 14:58)

    Ma chère Francine,

    Tout n’est pas mauvais dans ce virus puisqu’il aura au moins permis que nous nous rapprochions de façon épistolaire !
    Ton pays reculé et fortement réfrigéré semble pour l’instant épargné. Bien sur peu de test ont été effectué sur les manchots, mais il semble quand même que 0.45 habitants au km2 limite la transmission de la maladie…
    Je vais te donner un aperçu de ce qui se passe ici depuis une semaine, et de façon définitive ce sera la seule et unique fois que je te parlerai de cette mode récemment apparue : « le journal du confinement ».
    Hier mon esprit facétieux m’a encore joué des tours. J’ai tapé sur Google (oui j’utilise Google et qu’on ne vienne pas me chercher des noises à ce sujet) : « Journal du confinement ». En 0,34 secondes j’ai obtenu cent huit million de réponses, 108 000 000 !
    C’est dire si tous les cons de la planète se sont donnés le mot (pas la main, c’est trop risqué) pour pondre leur journal intime du confinement. Et je sais qu’en écrivant ces lignes pour dénoncer cette logorrhée épistolaire je participe bien sur à cet emballement soudain.
    Le monde entier s’identifie à Anne Franck ou à certains plumitifs résistants de la 72ème heure qui ont passé une bonne partie de la guerre dans un placard, un stylo à la main, pour des motifs évidemment tout à fait différents. Bien sur, ces journées particulières nous incitent à coucher sur nos écrans, nos ressentis, nos craintes, nos espoirs, l’envie que rien-ne-soit-plus-comme-avant, que Macron descende sur terre, que Trump soit percuté par un bus …mais faut il vraiment en faire part à tout le monde ? Quand Leïla Slimani que j’adore, nous raconte son confinement à la campagne, c’est bien écrit certes, mais je m’en tape. Quand un quelconque journaliste disserte sur le bien fondé de sa chronique, je m’en fous.
    Oui il faut profiter de ce moment pour « relire Proust », Camus ou le journal de Mickey, mais surtout, surtout, il faut bien savoir que ce sont des soucis de classe. Une fois de plus, ces moments extraordinaires mettent au grand jour les différences de classes qui n’ont pas cessées de s’accroître au fil des ans. Entre la caissière qui doit continuer d’aller bosser tous les matins pour se faire postillonner à la gueule pendant 7h d’affilée et le cadre moyen qui a du mal à faire son télétravail parce que son bambin tourne dans l’appart. Entre le retraité qui habite peinard la campagne (et j’en connais…) et l’éboueur qui continu à ramasser ses poubelles, il y a quand même une légère différence dans le confinement, ce qui effectivement laisse le temps de s’épancher sur ses petits malheurs de privilégiés.
    Je n’ai rien contre le fait de laisser une trace écrite de ces moments que nous allons passer, mais bon, ceux qui le feront ne seront pas forcément ni les plus à plaindre, ni ceux qui en auraient le plus à raconter. Nous allons compter probablement plusieurs milliers de morts dans quelques semaines, alors relativisons nos petites contrariétés du quotidien qui restent légèrement en deçà des contraintes des migrants qui magiquement ont disparus des journaux télévisés ou radiophoniques. D’ailleurs, ô miracle, les obus syriens, turcs et russes semblent être un remède puissant contre le Covid 19. Pas un seul cas signalé en Syrie ou chez les kurdes.
    Le confinement antarctique qui est le tien est probablement plus difficile à vivre que le notre.
    Je t’embrasse avec un masque et j’ai hâte de te lire.
    « Et que le vaste monde poursuive sa course folle »

    Yvon.

  • #3

    BURVELLE Letitia (mardi, 24 mars 2020 14:20)

    Cher Jorge,
    IL y a fort lontemps dans des contrées merveilleuses je t'ai croisé et je t'ai aimé.
    Je me demande si les Dieux Mayas veillent toujours sur toi et ta famille ?
    Car le monde devient fou mais hélas pas fou d'amour, fou de peur, peur de la maladie de la contagion. Je suis confinée, comme presque toute l'Europe, mais qu'en est-il dans ton pays ? Les informations ne parlent que des pays économiquement bien établis et parlent si peu de l'Amérique Centrale !! Ah ça oui on en parle de l'Amérique du Nord avec son Président turbulent, l'Amérique du Sud avec son Brésil dansant mais l'Amérique Centrale reste muette et toi avec ...
    Je crois que tu m'as jeté un sort et que tes Dieux m'ont punie : je dois purger une peine silencieuse, discrète mais oh combien terrifiante. Finis les voyages vers ces contrées merveilleuses, finie la folie l'insouciance de l'amour d'un guide touristique, je dois me replier sur moi-même et espérer une vie meilleure ! Le Guatemala restera à jamais mon plus voyage et ce grâce à toi
    Je te remercie encore pour tout le bien donné et tout le mal non échangé
    Je t'embrasse une dernière fois, porte toi bien et surtout profite
    Adieu Jorge
    Te quiero
    Letitia

  • #2

    Stéphanie (mardi, 24 mars 2020 14:11)

    Cher ami disparu,
    me voici devant une page blanche pour te dire combien tu me manques.
    Je n'ai pas ton adresse mais tu me manques.
    Voilà plus de 25 ans que je n'ai plus de nouvelles.
    Je n'en ai pas donné mais tu es une personne qui sera toujours dans ma tête et surtout au fond de mon cœur.
    Ce jour là, j'aurais dû venir vers toi , me réfugier contre toi..
    J'ai toujours su que tu m'aimais,tes yeux rieurs, ton attention à chaque instant...
    Je me rappelle, on moquait tes petits kilos en trop et tu as commencé le sport .
    En toi je voyais le réconfort mais alors je n'ai pas eu le courage..
    Que de beaux morceaux de ma vie en moins.
    Que de sublimes promenades
    Main dans la main.
    Mais on dit qu'il n'est jamais trop tard.
    Alors, oui,je vais t'écrire cette lettre et comme une détective en herbe te l'envoyer.
    À l'Homme que j'ai aimé.

  • #1

    Ghidini Catherine (mardi, 24 mars 2020 12:03)

    Très chère Amie,
    Ne recevant pas de tes nouvelles, je m inquiète pour toi.
    Je sais que la censure, le régime tyrannique de ton pays empêche toute communication au delà de vos frontières..
    Donc, il est fort probable que tu ne recevras pas cette lettre tout comme les différents messages que je t ai laissés.
    Mais je veux par la pensée au moins te témoigner de mon affection, de mon amitié.
    Et peut être le miracle existera t il que tu reçoives cette missive.
    Lorsque c est le cas comme en ce moment où nous traversons des moments difficiles, j aime à me remémorer les instants magiques passés en ta compagnie.
    Chaque jour, pendant ce voyage, tu apparaissais avec une tenue vestimentaire harmonieuse, la tunique, le foulard les bijoux, chic que tu étais alors. J ai admiré ton look, ton charisme, ta personne.
    Je t ai écoutée parler de ton pays en des termes qui me faisaient de la peine et sachant que vous étiez surveillés en permanence. J ai été époustouflée par ton audace, je t ai admirée .
    Mais que diable, j ai découvert, grâce à toi, un pays splendide, des gens merveilleux.
    Pourrais je avoir un jour de tes nouvelles, chère Shoreh.
    J espère de tout cœur.
    Ton amie Catherine