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Ecriture transatlantique

Photo Manfred Richter Pixabay
Photo Manfred Richter Pixabay

Aujourd'hui je vous donne rendez-vous pour écrire à  plus de 5000 km de la France, sur le Vieux-Port de Québec !

 

Nul besoin de billet d'avion, vous y serez en un clic de souris grâce à cette proposition d'écriture : 

 

Passez la journée dans le quartier, faites un petit tour sur le port, visitez les parcs, les bâtiments historiques et tous les lieux qui vous tentent ... puis rejoignez-moi au Café du Monde à l'heure de l'apéritif, pour écrire et raconter votre journée. J'ai hâte de vous retrouver, et de vous lire en dégustant un kir au sirop d'érable !

 

N'oubliez pas de vous munir du plan ci-dessous, ou de son lien vers google maps (accès en cliquant sur le plan).

 

A vendredi pour une nouvelle proposition d'écriture,

 

Isabelle

Commentaires: 6
  • #6

    JACQUOT Dominique (jeudi, 07 mai 2020 21:51)

    Ce soir-là, j’avais rendez-vous à dix-neuf heures au Café du Monde avec William, mon réfèrent Erasmus, qui sera mon tuteur pour cette année universitaire en master à Québec.
    « Avant notre rencontre, respires la vie québécoise dans le vieux port, et flânes dans la vieille ville » m’avait-il dit.
    Très bon conseil, je me suis pensé , c’est ainsi à chaque fois que je prends le pouls d’un nouveau pays, ou d’une capitale.
    Du vieux port, situé entre la rivière St Charles et le majestueux fleuve st Laurent, j’accédais rapidement à la place des canotiers, avec ses petits jets d’eau, et ses embruns en suspension. Assis sur un banc, j’apercevais en flanc de colline le château Frontenac, transformé aujourd’hui en hôtel luxueux, avec ses tours massives et ses tourelles circulaires. Cet édifice majestueux situé en haut du Cap Diamant, véritable icône de la ville, surplombe le fleuve St Laurent.
    De cette place je rejoins ensuite les rues piétonnes du quartier Petit-Champlain et la magnifique Place Royale. Ces rues étroites bordées de galeries d’art et d’antiquaires me permettant de « magasiner» à la mode québécoise. Qu’il est doux d’entendre cet accent traînant, ce parler plus lent, imagé et créatif qui me plonge dans l’âme du pays.
    L’immersion dans ce nouveau pays frère se fera progressivement par la découverte du patrimoine, de la culture, des populations locales qui l’habitent et de leurs coutumes. Bien sûr mes futures rencontres à l’université vont me rouvrir et m’aider à apprécier ce nouveau « chez moi ».
    Dans l’immédiat je me rends au rendez-vous pour faire la connaissance de William. Arrivé au Café du Monde, bistrot d’inspiration parisienne avec vue sur le fleuve, mon correspondant est accompagné de Isabelle la responsable du programme Erasmus à l’Université.
    Plein d’enthousiasme, je me lance dans ma nouvelle vie transatlantique.

  • #5

    GHIDINI Catherine (jeudi, 07 mai 2020 17:23)

    Hello Isabelle,
    Quel plaisir de te retrouver dans ce café du Monde et évoquer avec toi ce que je viens de vivre et voir, assises là avec toi face au port et sur le point de commander un kir au sirop d’érable, coutume locale oblige. Nous n’irons pas jusqu’à prendre un whisky jus d’érable…Restons sérieuses quoique….pourquoi pas.
    Garçon : 2 whisky canadiens au sirop d’érable s’il vous plaît.
    Tout d’abord, le fait de me retrouver ici est symbolique. En effet, un de mes cousins a fait l’arbre généalogique de la famille et il s’avère qu’un grand oncle est arrivé ici, il y a fort longtemps car il commerçait alors dans le lin, ce qui était une activité très développée en ces années 1700.
    Après, savoir que nous sommes sur les pas de Jacques Cartier et Samuel de Champlain est toujours fort car ce sont 2 français qui ont découvert et permis de développer ce pays. On ressent ce patriotisme. Et oui, je n’ai pas peur de l’avouer.
    J’ai donc déambulé jusqu’à la rue du Petit Champlain, pris l’escalier casse-cou, la rue du Cul de sac au pied du château Frontenac, la rue du sous le Fort très pittoresque et romantique, la rue du Sault au Matelot, la rue Sous le Cap, la rue Couillard en suivant comme le fait à chaque fois mon mari, ce cher guide Michelin et son itinéraire touristique. Très drôle ces noms de rue. En même temps, je me suis laissée porter par ce que je voyais, par mes rencontres avec quelques canadiens dont l’accent est si plaisant. J’aime me poser, regarder, prendre le temps d’apprécier et de plus, il fait beau. Que demander de plus.
    Je crois que je vais rester un peu plus longtemps que prévu, j’ai envie de revenir sur certains lieux, de profiter de cette ambiance québécoise. Si cela te dit, on peut se retrouver demain et visiter ensemble. Et on ira se manger un petit quelque chose comme une poutine et une queue de castor.
    J’ai hâte d’être à demain et d’en profiter pleinement.
    Allez, à ta santé Isabelle.

  • #4

    Rivière Nathalie (jeudi, 07 mai 2020 15:06)

    C’est munie d’une brochure de l’Office du Tourisme « potassée » hier à l’hôtel que j’ai débuté ma visite par le château Frontenac, cette imposante bâtisse aux toits de cuivre, symbole de la ville de Québec et de la « Belle Province » du même nom. Je me suis sentie un peu écrasée par l’édifice, j’ai continué ma visite du Vieux-Québec, puis de la terrasse en-dessous j’ai apprécié la vue magnifique sur le Saint-Laurent. Prudemment je n’ai pas pris l’escalier Casse-Cou, (je n’ai plus l’âge!) mais le funiculaire pour le quartier du Petit-Champlain. La devise de Québec est « Je me souviens », c’est vraiment bien choisi, car quel que soit le quartier que l’on visite tout nous ramène au passé et aux liens avec la France . J’ai continué ma déambulation dans les rues guidée par les Canadiens qui, dès qu’ils me voyaient le nez dans ma brochure, me proposaient leur aide, par contre, parfois, je n’ai pas tout compris manquant de vocabulaire dans le français local !
    Pour déjeuner, j’ai évité la « poutine », frites nappées de fromage fondu et de sauce brune , à réserver aux sportifs en hiver, mais j’ai trouvé mon bonheur dans les vieilles rues animées où se mélangent artisanat, souvenirs et...petits restaurants. Je n’ai pas eu de temps ni pour les parcs ni pour les musées, j’ai encore quelques jours avant de repartir.
    Bravo à qu’Isabelle de nous avoir proposé de nous retrouver à Québec pour faire connaissance autrement que par l’intermédiaire de nos textes. De plus un apéro sera le bienvenu après cette journée où j’ai arpenté la ville en tous sens, d’ailleurs mes pieds pourtant bien chaussés n’en peuvent plus.
    Ah, voilà le Café du Monde et j’aperçois Isabelle avec déjà quelques personnes autour d’elle. Le kir au sirop d’érable me paraît un peu sucré pour me désaltérer, on verra.
    - Bonjour Isabelle, bonjour à toutes et tous, quel plaisir de vous voir !

  • #3

    PUYOU Anne (jeudi, 07 mai 2020 13:27)

    Ouh lá lá moi qui suis frappée de crétinisme topographique, je dois trouver le Café du Monde et je n'ai aucune idée de l'endroit oú je suis. Bon dans mon dos, la silhouette écrasante du Château Frontenac avec son toit vert, reconnaissable. Apparemment il y a un funiculaire qui descend vers des ruelles oú s'alignent des maisons grises aux toits roses. Il faut que je prenne une décision et que je me dépêche car la nuit va bientôt tomber.Et Isabelle ne va pas nous attendre au Café du Monde, si ca se trouve tout le groupe est déjá parti au restaurant déguster les spécialités locales.. Ah, mais j''apercois une silhouette familiére assise sur un banc... Elle ressemble á Michéle et elle lit un livre. Je m'approche:eh oui c'est bien elle, plongée dans la lecture de Maria Chapdeleine, quelle chance de l'avoir retrouvée! Elle sait oú se trouve ce fameux café et nous nous engageons dans la direction de la rue Saint-Paul que j''avais déjá traversé sans la reconnaître...

  • #2

    Michèle (jeudi, 07 mai 2020 07:29)

    Isabelle nous a donné rendez-vous pour l’apéro au Café du Monde sur le Vieux Port de Québec. D’ici là, nous avons quartier libre pour visiter ce que bon nous semble, musées, parcs, bâtiments historiques …

    Je suis ravie de faire plus ample connaissance avec une partie de ce territoire éloigné de la France qui a su résister aux sirènes américaines. Je suis d’autant plus enchantée de ce périple qu’il est attesté que certains de nos ancêtres ont foulé ce sol dans les siècles passés pour répondre aux souhaits de leurs rois. Jacques Cartier le Malouin (1491-1557) est arrivé en éclaireur. Il y eut aussi Samuel de Champlain qui a fondé la ville de Québec en 1608.

    Or, Champlain (1567/1570-1635) était, dit-on, natif de Brouage, bourg de Charente-Maritime désormais situé au beau milieu des marais. Le paludisme y a fait des ravages. Brouage était ceinte de remparts en vue d’empêcher la progression de l’ennemi anglais...

    Ma famille est issue de cette région et je vais assez régulièrement en pèlerinage à Brouage car son histoire me fait rêver. Il fallait oser traverser l’Océan Atlantique à cette époque, même si les vaisseaux royaux étaient sûrement aptes à affronter les éléments déchaînés. Il est reconnu que de très nombreux Québecois sont descendants de migrants saintongeais, souvent envoyés par leur roi pour peupler les lieux. Tout comme Cartier, Champlain (surnommé « père de la Nouvelle France ») était navigateur et explorateur. Il était de surcroît cartographe et géographe. Il a mené 12 expéditions au Canada et s’est finalement installé à Québec où il est mort dans la nuit de Noël 1635, des suites d’une crise d’apoplexie.

    Les récits qui nous sont parvenus des expéditions menées par les téméraires explorateurs, découvreurs et soldats royaux retracent des conditions de vie extrêmes : des hivers très rigoureux entraînant des famines, des morts nombreuses liées au scorbut … Les populations amérindiennes leur permettaient parfois d’éviter des désastres en leur apprenant comment se nourrir des produits de leurs nouvelles terres.

    A propos d’hivers rigoureux, je me souviens d’avoir un jour observé les habitants de Québec déblayer à la pelle la neige qui avait enseveli leurs « chars » et qui montait jusqu’à leurs fenêtres !

    Heureusement, nous sommes en été. La température ambiante est presque accablante. Il fait bon se promener au ras des flots le long du Vieux Port. Un peu de fraîcheur soulage. Je me dirige maintenant vers notre point de rendez-vous. En attendant l’arrivée d’Isabelle et de mes comparses de l’Atelier d’écriture, j’étudie la carte du Café du Monde. Je note qu’il est tout aussi accueillant que son homonyme de la Nouvelle Orléans. Je sens que je vais m’offrir le « mocktail » La mer à boire, tant j’ai soif. Et comme je suis affamée, je vais craquer pour un blondie aux canneberges et caramel beurre salé !

    Voilà Isabelle. Elle va pouvoir boire son kir au sirop d’érable ! Arrivent ensuite Yvon, Nathalie, Laurence et Anne. Nous rejoignent enfin Catherine, Dominique et Maïté. Nous restons sur la terrasse, passons notre commande, commençons à échanger nos impressions, raconter nos découvertes. Nous levons nos verres en clamant à l’unisson : « Santé ! » à l’Atelier et à Isabelle. Vraiment, cette idée de venir passer quelques jours dans cette ville qui lutte pour la défense de la langue française est une idée magnifique… à creuser !!!

  • #1

    Laurence (jeudi, 07 mai 2020 00:22)

    — « Isabelle, tu ne devineras jamais ce qui m’est arrivé aujourd’hui ! dis-je en m’affalant sur la chaise en face de mon amie, mes jambes en proie à des convulsions arythmiques.
    —Que s’est-il passé ? Tu m’intrigues…répondit-elle en souriant, élégante avec son écharpe de soie rose et dégustant un kir d’apparence douteuse. Du champagne à priori avec…une sorte de sirop marron ? Mais qu’avait-t-elle encore trouvé ?
    —Tu sais que je devais passer la journée avec « un ami » de ma cousine, hein ?
    —Oui bien sûr, Jacob, c’est ça ?
    —Oui, eh bien il se trouve que c’était un c’était un coup monté et que c’était supposé être une rencontre ! T’imagines ?
    —Je n’y vois pas d’inconvénient. Quels étaient les désavantages ?
    —D’une, que je suis très bien célibataire et de deux, c’était un supporter de Trump! Capisce?
    —Alors qu’as-tu fait ?
    —J’ai prétendu avoir à écrire un article sur les escaliers de Québec. J’ai pensé que ça le refroidirait et qu’il y aurait une chance qu’il disparaisse, emporté par la foule, après quelques marches. Je lui ai annoncé le programme et il m’a déclaré d’un ton grandiose ‘Attache ta tuque avec d’la broche !’ J’ignore ce que ça signifiait mais surement pas ‘J’ai compris, j’te laisse tranquille’. On a donc commencé par l’escalier du Casse-Cou, 59 marches, rue de Petit-Champlain, avec le funiculaire à côté qui nous narguait. Là, il m’a dit qu’il le montait tous les jours pour aller travailler. Dommage. Je l’ai alors emmené à l’escalier du Faubourg, 99 marches, au-dessus du quartier St Roch. Non seulement il l’a monté mais il m’a fait la visite guidée du quartier. Puis l’escalier Lépine, 118 marches avec ses arches en fer forgé et ses emblèmes floraux. J’avais les jambes qui commençaient à trembler alors il m’a pris la main pour m’aider et ne l’a plus lâchée malgré mes efforts sournois. Tout guilleret, il m’a emmenée au pas de course vers l’escalier de la Pente Douce, 133 marches, en me demandant si je voulais Frencher. Le voyant s’approcher trop près, j’ai répondu que oui en effet, mon estomac flanchait. À l’escalier Charles-Baillairgé, 35 marches, j’ai prétendu recevoir un texto de mon patron me disant que mon article était annulé mais Jacob m’a répondu qu’à l’instar de Trump, il ne croyait pas les journalistes et leur fake news. J’ai pleuré de désespoir devant l’escalier du cap-Blanc et ses 398 marches, ce qu’il a pris pour de l’émotion et m’a proposé de me ‘tirer une buche’. Psychopathe ou pervers à ton avis ? J’ai failli me jeter dans le St Laurent pour esquiver la réponse. Je n’ai pu partir qu’à la promesse de le retrouver demain pour monter les marches de l’Observatoire, et là crois-moi, il peut m’attendre !
    —Ma chère Alice, tu mérites bien un apéritif. Je te conseille vivement de commander le même que le mien, il est tout simplement exquis.
    —Ça m’a l’air chelou ton truc ; c’est quoi ?
    —Un Kir au sirop d’érable. C’est incomparable. »
    Je suis sans voix. 842 marches, un stress de ouf, et ma récompense, à moi une bourguignonne, est une boisson sirupeuse et dénaturée, l’équivalent huppé du mélange vin/coca? Il va vraiment falloir que je trouve quelque chose pour me calmer le pompon.