Défi d'écriture Nanowrimo: témoignages des participants

L'expérience du Nanowrimo vécue par...Eric

Trouver l’Or... Ce sera donc en creusant au fond de la mine. Mais l’acte de chercher ne serait-il pas l’Or lui-même ?

 

Le chemin créatif a plus d’envergure que le mot «fin» apposé au bout de l’histoire, l’ouvrage véritable ainsi couronné ayant quant à lui traversé dizaines, centaines d’heures d’un merveilleux voyage intérieur !

 

Aucune chasse gardée ni territoire réservé dans l’espace créatif. Il est permis à tous de creuser, et trouver. Dans cet ordre. Nous trouvons toujours, mais nos prétentions peuvent nous décevoir... Savons nous déjà saisir ce qui est à notre portée ?

 

L’écrivain écrit, le dessinateur dessine, le compositeur compose...

Tous, chercheurs, cherchent. Et tous, découvreurs, découvrent. Une chose très simple les relie : Ils sont acteurs. Et tous, agissent.

 

Agir... écrire quotidiennement. L’acte précieux à placer sous haute protection. A l’abri de tout jugement. Le nôtre comme celui du premier entourage. A l’abri du temps perdu. Celui qu’on laisse passer et qui jamais ne nous sera rendu.

 

L’acte initial est donc simple. Et pourtant si difficile à maintenir pour qui reste seul...

 

Le Nanowrimo est un courant dense et fidèle. Chacun le renforce, s’y engageant librement. Trente jours d’un mouvement international. Processus créatif protégé, affirmation de la personnalité, encadrement amateur et professionnel.

 

L’enjeu ? «Moi-même»... Début novembre, j’ai misé sur «moi-même», armé d’une conviction éclairée des mille reflets d’internautes embarqués pour la même aventure, solitaires, mais entourés de mille voiles faisant route de tous côtés.

 

Trente jours plus tard, l’impensable : j’ai écrit un roman. Qui l’eût cru ?

 

J’ai rencontré Ann LECKIE, auteur américaine invitée aux Utopiales 2016 de Nantes. Elle ignorait qu’en m’exposant le phénomène Nanowrimo s’ancrerait en moi une telle motivation. Elle-même y rédigea «La Justice de l’Ancillaire» son premier roman primé !

               

C’est décidé ! Pendant le Nanowrimo 2016 j’actualise et transpose vers l’écriture ce que je pratique tant ailleurs : l’improvisation au piano. L’action sans repentir.

 

Les mots de l’écrivain, les traits du dessinateur, les sons du compositeur... Rien de dangereux, rien de coûteux ! Et voilà qu’à la moindre de ces expressions, il faudrait laisser les démons du jugement foncer sur nous ? Arrière !

 

Par l’expérience Nanowrimo je replace l’acte avant le jugement. Juger sans arrêt soulève ma plume du papier. Agir la fait s’y poser.

 

Action ? toujours. Inspiration ? peut-être... Jugement ? à son heure...

 

Si j’avais attendu l’inspiration pour emprunter une plume, écrire un mot, ma chandelle serait morte bien vite, faute de feu. Pour moi, l’inspiration n’est pas un dû. Ni  l’excuse commode à reculer d’un pas quand elle refuse d’ouvrir le bal...  Non ! C’est un cadeau que Nature me fait. Et que parfois, j’entends. Mais dont l’origine toujours me dépasse.

               

Une seule chose m’importe en fin de journée : admirer mon œuvre. Et sans jugement, y repérer l’éclat d’un mot, la brillance d’une phrase. C’est là ma pépite, extraite d’une mine d’Or dont j’ai l’entière concession.

 

L’inspiration paraîtra. Peut-être. Réactions neuro-physiologiques, livrant aux portes de ma conscience «la belle idée» qui apparemment sortie de nulle part m’emmènera ailleurs...

 

Puis, le jugement et  la ré-écriture m’invitent. La dernière étape de mon chemin.

 

L’Ateliers Arts et Lettres et Isabelle au Mesnil Le Roi, apportent la continuité locale au Nanowrimo, et créent de nouveaux espaces, provoquent d’autres  réflexes. L’écoute bienveillante, le changement de cadre laissent alors paraître l’imprévu, ouvrent vers l’inédit.

 

Ainsi, dans ma retraite cérébrale, mais au milieu de tous, chaque jour, avec humilité, parfois abnégation, souvent réjouissance, l’œuvre s’est développée...

 

Prochainement aux Ateliers le travail s’achèvera.

Pour se concrétiser enfin, je l’espère bien, entre vos mains.

 

Eric LE GUEN - Mesnil Le Roi - 10 décembre 2016

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L'expérience du Nanowrimo vécue par...Clarinette

Le 5 novembre 2016, j’assiste à mon premier atelier d’écriture avec Arts et Lettres, animé par Isabelle.

Elle nous parle du NANOWRIMO, National Novel Writing Month, défi d’écriture  dont le but est d’élaborer un récit de 50 000 mots, soit environ 175 pages, entre le premier et le trente novembre.

La forme est libre et il n’y a pas d’enjeu de qualité : précise-t-elle, mais il faut que le récit se « tienne ». Cela représente environ deux heures de travail quotidien, soit six pages par jour. Après m’être rapidement interrogée intérieurement je décide de me lancer dans cette aventure  qui représente un excellent « déclencheur » pour moi.

 

Dès le lendemain, je m’installai devant l’ordinateur, choisis ma police préférée et me posai la question :

« Par où commencer ? ». Ayant participé à d’autres ateliers d’écriture dans le passé, j’avais toujours eu l’envie de rédiger des souvenirs, plutôt sous forme de « nouvelles » mais je me heurtais toujours au même écueil : la difficulté d’écrire, « seule », chez moi. Alors, pour me lancer, cette fois, je choisis de partir de ce que j’avais fait, découvert, décrit, depuis…mon départ en retraite !

C’est là que je ne fus pas très honnête car je pris des textes dont je disposais déjà, certes écrits par moi, sauf le tout premier : « discours d’un collègue et ami pour mon départ en retraite », suivi de ma réponse rédigée en vers et illustrée musicalement.

Puis je décrivis ma « découverte de l’écriture » et retrouvais avec étonnement les textes rédigés en atelier  entre 2007 et 2010. Je poursuivis par mes expériences de relaxation et de méditation avec une compagne d’écriture. Cette dernière m’apprit comment « prendre du temps pour moi ». Elle anime des stages de ressourcement auxquels je participe : en Normandie, en pays giennois, en Provence, …

Je les décris avec force détails car ils m’ont passionnée. Ce sont toujours des séjours conviviaux avec un partage d’activités en relation avec la nature et le patrimoine régional. L’amitié et la bienveillance y sont reines, les partages et les liens sont forts. Le dernier stage se déroule en octobre 2016 en terre corrézienne, dans mon chalet où il est prévu (depuis un an) que j’accueille cinq personnes pendant une semaine.

C’est là que je me suis réellement lancée dans le Nanowrimo, le vrai,  car il m’a fallu me jeter à l’eau : il m’était impossible de continuer si je taisais ce qui m’habitait pendant la préparation de ce séjour, d’avril à septembre et son vécu en octobre : la maladie puis le décès de mon frère, survenu le 28 septembre 2016.

Alors j’ai raconté ces six mois douloureux. Je voulais le faire pour apprendre à les tenir à distance, ou, tout au moins les considérer avec un peu de sérénité. L’écriture n’est-elle pas une thérapie utile dans un travail de deuil ?

 

En cours de route, j’ai douté, demandé son avis à Isabelle …

Elle m’a conseillé de me concentrer sur la production de texte, sachant qu’il serait possible de le reprendre et le restructurer après le 30 novembre ». Certes, l’important c’est d’écrire.

 

Le 29 novembre, j’arrête tout, l’émotion me submerge, il faut que je fasse une pause. J’en informe Isabelle.

Je reprendrai en janvier 2017 en reprenant cet écrit, en le complétant, le restructurant .

J’ai écrit 120 pages (plus de 50 000 mots), mais ce que j’ai fait ne correspond pas à l’enjeu du nano.

 

Cependant cette expérience m’a confortée ; je me sens désormais capable de me lancer dans l’élaboration d’un vrai projet d’écriture,  Nanowrimo 2016 aura joué le rôle de catalyseur. J’y ai pris du plaisir, même si je me savais à la marge !

 

Je recommencerai l’année prochaine, en toute honnêteté cette fois, et je m’en réjouis à l’avance.

Mais je pense nécessaire d’y réfléchir avant la date fatidique du 1er novembre 2017 !

 

Clarinette

Maisons-Laffitte, 11 décembre 2016


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